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Asunto:NoticiasdelCeHu 269/04 - Pierre Salama (2da parte)
Fecha:Lunes, 1 de Marzo, 2004  20:33:55 (-0300)
Autor:Humboldt <humboldt @............ar>

NCeHu 269/04
 

Amérique latine, dettes et dépendance financière de l’Etat

 

Pierre SALAMA[1]

2da parte

[1] Professeur agrégé des universités, Directeur scientifique de la revue Tiers Monde. Je tiens à remercier particulièrement mon ami Mamadou Camara pour l’ensemble des observations faites à cette étude.


 

B. Un régime de croissance à dépendance financière forte.

 

1. Dans les années quatre vingt dix, pour des raisons différentes de celle que nous venons de traiter, la finance développe également des aspects parasitaires et ne parvient pas à acquérir durablement les aspects « vertueux » qu’elle pourrait avoir. Ceux-ci sont moins importants que lors de la « décennie perdue » des années quatre vingt. Le taux d’investissement augmente très peu[1] et reste faible si on le compare à celui des économies asiatiques. Les contraintes macro économiques se « déplacent » : le service de la dette trouve d’autres solutions et à d’autres effets sur la croissance, la hausse des prix, la distribution des revenus. La dépendance financière macro économique, qui caractérise les régimes de croissance qui se mettent en place au sortir de la crise inflationniste, alimente le comportement rentier de la plupart des entrepreneurs : les taux d’investissement augmentent peu et l’économie s’inscrit dans une « logique d’économie casino ». C’est ce que nous allons montrer.

 Avant la crise de 1982 (cessation de paiement du Mexique et début de la « décennie perdue » en Amérique latine), les emprunts se réalisaient sous forme de crédits syndiqués. Le système financier international mute dans les années quatre vingt et développe de nouveaux produits financiers. Les obligations internationales, les bons et notes prennent de l’essor et les crédits perdent de leur importance, à l’exception toutefois des flux de capitaux qui se dirigent vers les pays asiatiques.

A l’exception des  crédits « involontaires », le service de la dette est financé dans les années quatre vingt par des ressources propres. Avec la libéralisation de leurs marchés dans les années quatre vingt dix, les pays latino américains ont de nouveau accès aux marchés financiers internationaux : le service de leur dette est de nouveau financé pour l’essentiel par des entrées de capitaux[2] . Plus précisément, ces entrées de capitaux « volontaires » vont financer dans une première phase le solde négatif de la balance commerciale, les intérêts de la dette. L’amortissement du principal de la dette sera en grande partie financé par des prêts « involontaires » des banques et par des financements directs des institutions internationales. L’entrée de capitaux est d’abord principalement constituée par l’émission de bons, puis dans une seconde phase par des investissements étrangers directs, l’entrée nette de bons s’amenuisant. Dans une troisième phase, le solde négatif de la balance commerciale diminue puis devient positif, suite à la fois aux dévaluations et à l’adoption de changes flexibles, aux premiers résultats de la modernisation de l’appareil de production entreprise avec le retour de la croissance et l’ouverture externe, à un ralentissement de l’activité économique, à des termes de l’échange devenus favorables (montée du prix de certaines matières premières)[3].

 

BC

BCC

A

1° phase

IPn + IED

IPn +IED

Crédits invo.+ FMI

2° phase

IED

IED

ICb + Crédits invo.+ FMI

3° phase

 

BC

IED+IPn +FMI

Note : BC : balance commerciale ; BCC : balance des comptes courants ; A : amortissement du principal ; IED : investissement étranger direct ; IP : investissements en portefeuille nets et bruts ; crédits involontaires.

 

Ce millénaire commence par deux évolutions importantes: le solde négatif de la balance des comptes courants baisse et tend à s’inverser dans de nombreux pays et plus particulièrement au Brésil (et en Argentine avec la chute du PIB) avec l’apparition de soldes fortement positifs de la balance commerciale (sauf au Mexique parmi les grands pays), mais les investissements directs connaissent eux une réduction drastique. Avec la crise boursière s’achevant fin 2002, les investissements en portefeuille chutent également et compensent tout juste le remboursement des emprunts, alourdis parfois par l’augmentation des primes de risque. Au total, on se trouve dans une position paradoxale où les besoins de financement totaux fléchissent dans de nombreux pays sans pour autant pouvoir toujours rencontrer des capacités de financement à leur hauteur. Les entrées nettes de capitaux (bons du trésor, actions) n’est cependant pas suffisant pour financer l’amortissement de la dette externe ancienne (crédits bancaires) et nouvelle (crédit des institutions internationales)[4] et l’obligation de passer par « les fourches caudines » du fonds monétaire international restent fortes.

 

2. Un ralentissement économique.

Dans les années quatre vingt dix, la croissance reprend et l’inflation cesse. La croissance est parfois vive (Argentine), le plus souvent modeste, si on la compare à celle des années cinquante à soixante dix, ou bien à celle des économies asiatiques. Dans l’ensemble cependant elle n’est pas très élevée et volatile. Cette section a pour objet  de montrer que le régime de croissance mis en place pour sortir de la crise des années quatre vingt explique pour partie la tendance à la stagnation actuelle et surtout sa volatilité. Cette dernière rétroagit négativement sur l’ampleur de la croissance. 

a. Une certaine tendance à la stagnation semble apparaître sans qu’on puisse encore dire avec certitude s’il s’agit d’un mouvement de longue durée[5] (graphique 4). Celle-ci s’explique fondamentalement par les très fortes inégalités de revenu. Le régime de croissance issu de la crise des années quatre vingt va renforcer ces inégalités.[6]

         Tableau 1 : Evolution du taux de croissance du PIB dans les principaux pays (dollars de 1995)

Source : Cepal : Balance preliminar de las economias de America Latina y Caraibes 2003.

 

 

Les fortes inégalités rendent difficile une augmentation du taux de formation brute du capital, ce dernier « stagnant » à un niveau faible lorsqu’on le compare à celui atteint dans les économies asiatiques, caractérisées par des inégalités bien plus faibles. Cette inégalité importante permet à 30% approximativement de la population d’avoir un niveau de revenu plus ou moins équivalent à celui correspondant aux mêmes couches des pays dits développés. Elle alimente un comportement « rentier » En effet, le revenu moyen de la population est largement inférieur à celui des pays développés. Le  niveau de revenu de 30 à 35% de la population est cependant comparable à celui des pays développés. La distance de leurs revenus moyens avec celle des 65% de la population restante est donc mathématiquement beaucoup plus importante que dans les pays développés. C’est cette distance qui explique la difficulté pour nombre de biens durables, comme les automobiles, à « se prolétariser » : leur offre ne rencontrant pas de demande solvable de cette fraction de la population à la différence de ce qu’on a pu observer dans les pays développés. C’est aussi ce qui explique que lorsque le marché est réduit de manière absolue et de manière relative par rapport aux contraintes dimensionnelles de l’offre, les expectatives de croissance pour ce type de biens soient limitées et qu’on puisse assister au paradoxe d’une valorisation du capital satisfaisante et d’un réinvestissement faible, les capitaux préférant sortir du secteur ou du pays car les perspectives d’expansion de ce marché restent peu favorables[7].

Le régime de croissance à dominante financière, mis en place dans les années quatre vingt dix, tend à produire une nouvelle modification de la structure des revenus. Plus exactement, le niveau des inégalités reste plus ou moins stable à un niveau élevé, mais une nouvelle tendance à la bipolarisation apparaît. Les 5% à 10% de la population la plus aisée connaissent une augmentation de la part de leurs revenus par rapport au revenu total, les trente pour cent qui suivent se caractérisent par un écartèlement de leurs revenus : ceux dont le revenu est le plus élevé suivent l’évolution des 10% supérieurs, mais à une vitesse moins forte que ces derniers, les autres connaissent un processus d’appauvrissement relatif. Un mécanisme semblable à celui en cours aux Etats-Unis a donc lieu : les couches moyennes perdent de leur importance et la société se rapproche de celle du début du 20° siècle. C’est cette société que fréquentait Gabdy, héros du roman de Fitzgérald, rappelle Krugman, société caractérisée par nombre d’emplois de service auprès des 5 à 10% les plus riches de la population. Ce « come back » manifeste une régression sociale importante[8]. Il est alors logique que la structure des dépenses soit affectée. Plus précisément, les dépenses ostentatoires des couches hautes et leur « redistribution » des revenus par l’emploi croissant d’employés de maison, ne sont pas de nature à dynamiser une offre sectorielle et ce faisant une valorisation du capital, hormis dans le secteur du bâtiment. Il est vrai que ces couches hautes ont tendance à épargner davantage que les couches moyennes appauvries, mais une grande partie de leur épargne se réfugie dans des fonds qui n’ alimentent pas l’investissement. En effet, l’épargne sert surtout à acheter des bons du trésor particulièrement lucratifs, émis par l’Etat pour financer le service de sa dette interne, poste devenu principal du budget. Si cette épargne est déposée dans les banques, elle n’alimente pas non plus, ou peu, le financement des investissements : les taux d’intérêt sont trop élevés pour inciter à l’emprunt les entrepreneurs et les ménages et l’épargne déposée alimente la demande de liquidités de l’Etat pour financer ses dettes et bien peu pour investir.

Tant que cette inégalité n’est pas contrebalancée par une intervention conséquente de l’Etat dans la sphère économique (politique industrielle active), on peut considérer que les facteurs favorisant la tendance à la stagnation continuerons à prédominer. En ce sens la thèse de la tendance à la stagnation des années soixante – soixante dix conserve une grande part de pertinence et peut servir de base à l’élaboration d’une nouvelle théorie de la stagnation.

 

b. Cette croissance est volatile. La croissance est ponctuée par des crises financières. La volatilité est cependant moins importante que celle des années quatre vingt[9]. Elle est cependant considérable comme on peut l’observer dans le graphique 3. Elle est plus importante dans certains pays (Argentine) que dans d’autres (Brésil par exemple), ainsi qu’on peut l’observer dans le graphique 4.

 

Graphique 3 : taux de variation interannuel du PIB trimestriel des économies latino américaines, Caraïbes incluses 1994 -2003 

:

Source / Cepal série N°19, 2003

 

 

Graphique 4

 

 Source :FMI et Cepal, d’après A.Saludjian : De la volatilité macro-économique à la vulnérabilité sociale : le cas du Mercosur, une critique du régionalisme ouvert, Thèse, Université de Paris XIII, 2003

 



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